Poésie

Les Femmes Paul Gisèle, journal de Faustine

Ma bonne étoile…

Il y a un an naissait ma bonne étoile, le 13 Juin 2016, d’un douloureux épisode,
j’ai fais la connaissance de Jill, ma petite fille que je n’élèverai jamais …
Mais bien au contraire c’est elle qui m’élève, qui me donne de la force!
Après beaucoup de chagrin, et encore aujourd’hui des passages à vide, la présence de Jill me donne des ailes

Pourquoi je vous parle de Jill aujourd’hui?

Parce que Jill est une petite fille « Paul Gisèle » elle aime les robes … l’esprit rétro chic… Elle se rêve souvent à Miami au bord de la piscine du Raleigh, mais aussi flânant au Touquet ou encore dans un parc à pique niquer avec ses copines …

Car Jill est très « copines »… elle partage tout avec ses amies.

Jill et Paul Gisèle partagent ce point commun de traverser les lieux et les époques…

Elles sont femmes d’aujourd’hui mais aussi femmes de demain…

Faustine

 
Les Femmes Paul Gisèle, journal de Lajla

Chère Paul Gisèle,

J’ai fait un voyage il y a quelques mois. Je suis partie en Californie et ma vie a basculé une après-midi. J’étais seule avec ma fille de 3 ans, mon compagnon malade dormait au motel. Et je suis partie visiter Santa Cruz avec ma poussette. Je suis passée par la plage, et puis j’ai pris un chemin qui m’a conduit jusqu’au centre. Pendant cette petite balade de fin de journée je me suis sentie bien, je ressentais les bords de mer de mon enfance dans les Landes et la tranquillité de mes séjours d’été au Danemark. Le lendemain j’ai dit à mon compagnon qu’on ne pouvait plus rester vivre à Paris, qu’il fallait partir. Un mois avant, je passais un moment avec une très bonne amie architecte à son compte, et elle n’avait cessé de me répéter “ autonomie, autonomie”. Nous sommes rentrés dans notre banlieue parisienne, et en descendant du taxi, j’ai posé le pieds à côté d’une belle merde de chien en plein milieu du trottoir. J’étais prête à tout changer. Ce n’est que plus tard que j’ai compris que partir se perdre dans un endroit qu’on ne connaît pas nous permet parfois de nous trouver. J’avais déjà décider de travailler en tant que freelance alors je n’avais plus de contraintes de lieu de vie. Internet permet de travailler loin des villes je me suis dit, c’est une chance à saisir. 7 mois plus tard, nous étions installés dans une jolie petite ville en Bourgogne, dans la maison de nos rêves, et surtout ce qui comptait le plus pour moi, c’était d’avoir un jardin. Avec ma fille on ferme les yeux parfois les pieds nus dans l’herbe et on écoute les oiseaux et le bruit des arbres. On s’amuse à écouter la même mélodie de la nature qu’une mère et sa fille pouvaient entendre il y a des centaines d’années de ça. Je revois les saisons grâce aux arbres qui perdent leurs feuilles, et aux roses qui renaissent. Je ne vois plus les saisons en fonction des vitrines parisiennes qui affichent leurs nouvelles collections. Je revois les étoiles et je m’en émerveille chaque soir. Cela fait 2 ans que je vis là, entre temps, je me suis mariée et j’ai même eu une autre petite fille. Pas un seul jour je n’ai regretté ce changement de vie, je savais que j’étais au bon endroit, mais il me restait à savoir qui j’étais à cette endroit là. J’ai cherché. Je suis passée par beaucoup de déceptions, des remises en question mais je suis passée par la joie de me rendre compte que mes échecs me montraient que c’était autre chose que je devais faire. Je suis repartie me perdre dans une autre ville il y a quelques semaines. Et sur le chemin du retour, j’ai compris que je devais faire quelque chose qui ait du sens. Dessiner ne me plaisait pas, je comprenais pourquoi je ne me sentais pas à la hauteur d’un métier d’illustratrice, parce que ce n’était pas ça que je voulais faire dans ma vie. Alors le lendemain de ce séjour, je me suis mis à écrire, parce que là-bas j’ai eu le temps de me rappeler ce que j’aimais vraiment faire enfant. Raconter des histoires. J’ai eu beaucoup de chance enfant de pouvoir jouer librement, de pouvoir danser, de pouvoir faire du piano, de pouvoir chanter, de pouvoir écrire, de pouvoir lire, de pouvoir dessiner. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir été élevée dans un environnement riche par une mère aimant les langues étrangères et un père qui a partagé avec moi son goût de l’Art. J’ai réalisé récemment que depuis plusieurs années, j’avais totalement mis de côté toutes ces richesses et que tout ça pouvait me guider. Ce qui m’a guidé c’est l’enfant que j’ai été. Alors depuis j’écris, sans savoir où cela m’emmènera. Mais je n’ai jamais pris autant de plaisir dans ma vie.

Je t’embrasse,
Lajla.

 

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